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13 octobre
2009
 
Pour télécharger les présentations 2009, rendez-vous sur la page dédiée de chaque conférence.

Les temps forts de l'édition 2009 en images
 



 




 

Entretiens de la logistique 2009 : 97% des personnes présentes se disent prêtes à revenir!

Pour cette sixième édition, le colloque de l’Esli dont le thème était «Votre Supply Chain en 2020, ce qu’il faut faire dès aujourd’hui» a réuni plus de 200 participants avec un taux de satisfaction élevé puisque 97% des personnes présentes se sont déclarées prêtes à revenir lors de la prochaine édition. La performance de la Supply Chain passe par la maîtrise des flux et des Systèmes d’Information a été l’une des conclusions de ce colloque. Des conférences et des ateliers, deux prix logistiques et une table-ronde de synthèse en constituaient le programme.

Après un discours d’ouverture de Serge Rambault, président de l’Esli, qui a souligné la volonté très forte de l’école d’apporter des réponses concrètes aux besoins des entreprises, Michel Savy, professeur à l'Université de Paris Est, a mis en avant dans son introduction, l’importance d’une approche prospective devant aller bien au-delà de la crise actuelle. «La logistique reste avec la crise, et peut être à cause d’elle, un facteur de compétitivité. La crise amplifie et accélère les mutations, mais même sans elle, les entreprises continuent à se restructurer» a-t-il souligné.

Michel Savy, qui est aussi directeur de l’OPSTE (Cnt.fr) et codirecteur du Centre franco-chinois Ville & Territoire a présenté en préambule des conférences de cette journée, les thèmes de la logistique et du système productif, la géographie logistique et la mondialisation, la crise et les restructurations. Il a également abordé l’aspect des compétences et des Européens «principalement spécialisés dans les métiers les plus complexes» ce qui constitue une spécificité intéressante.

Concernant la mobilité durable, Michel Savy a précisé que «la logistique urbaine est un chantier d’avenir qui débouchera sur davantage d’efficacité. Il faut réfléchir à un  territoire qui prenne en compte la logistique et qui permette de mieux la concilier au sein de l’organisation de la ville». Il n’y a pas une solution magique pour réduire les émissions de CO2, mais une combinaison de solutions technologique, organisationnelle (dont la logistique fait partie) et économique à mettre en place pour réussir. Tous ces thèmes ont été largement développés par les conférenciers dans les diverses interventions de la journée.

Faire évoluer les pratiques

«Développement durable et évolution des organisations logistiques» constituait le sujet de la conférence plénière, présentée par Céline Bernard, senior manager chez Headlink-Partners et également Présidente de la Commission Logistique Durable de l’Aslog. «Faire évoluer les pratiques individuelles et organisationnelles est aujourd’hui indispensable» a insisté Céline Bernard lors de la présentation du projet de Logistique urbaine mutualisée durable.

Bilan carbone mesuré sur l’ensemble de la Supply Chain, mutualisation, réduction des coûts, système d’information performant, intermodalité, faisaient partie des mots clés de cette conférence qui a permis de constater qu’il «n’est pas si simple de mutualiser et d’apporter de la valeur» mais de proposer aussi certaines pistes de solutions. Des préoccupations cruciales dans un contexte de recherche d’un concept «gagnant-gagnant» y compris pour les chargeurs. Un enjeu qui concerne aussi le consommateur, notamment lorsqu’on considère la part très importante que constitue le transport dans sa facture finale.

Jean-Philippe Mouton de Villaret, associé chez Diagma, donnait une conférence sur les évolutions des métiers de la Supply Chain. Ce conférencier est le créateur du pôle "Diagma Human Resources" l'activité spécialisée en recrutement de cadres des métiers de la Supply Chain. Il présentait une enquête réalisée au premier trimestre 2009 auprès de cinquante entreprises choisies, PME comme grands groupes. L’objectif de cette étude était d’identifier les évolutions majeures des métiers et des fonctions de la Supply Chain. Une constatation : dans le contexte actuel, l’importance est donnée à la performance, à la qualité de service et à l’obligation de savoir maîtriser les coûts comme de réduire les stocks.

Compétences à dominante managériale

Comme le soulignait Jean-Philippe Mouton de Villaret, «le marché» du recrutement comme la politique de rémunération subissent clairement les répercussions de la conjoncture économique actuelle. Ce qui ressort notamment de cette enquête est la dominante managériale et l’obligation de résultats demandées aux cadres recrutés. Les double, voire triple compétences sont très recherchées, et un cadre maîtrisant la technique, possédant des compétences en management et maîtrisant un aspect du fonctionnement de l’entreprise (contrôle de gestion par exemple) sont les bienvenues auprès des recruteurs! Le profil idéal étant une personne de 40 ans, possédant 4 compétences, une mobilité totale et la maîtrise de deux langues. Mais il est vrai, notait l’associé de Diagma que «les entreprises ont du mal à gérer la gestion de carrière dans la Supply Chain, par manque d’habitude en particulier».

Les profils recherchés diffèrent aussi selon la taille des entreprises. Les PME recherchent des profils très opérationnels, spécialisés et détenant une bonne expertise métier et de l’efficacité dans un stricte périmètre métier. Les grosses PME & les filiales des grands groupes recherchent des profils intégrant une réelle efficacité opérationnelle, des compétences en gestion et d’optimisation des flux.

Les grands groupes demandent plutôt des profils généralistes pouvant proposer une vision globale de la Supply Chain, et ayant des capacités managériales et de communication. Selon l’enquête, «les profils ouverts» sont très recherchés par toutes les entreprises et toujours en adéquation avec la réalité du terrain. Et comme le soulignait Serge Rambault, président de l’Esli mais aussi directeur général du groupe Leroy Logistique, à l’issue de cette conférence, la prépondérance des langues est encore une fois primordiale : «un appel d’offres sur deux est aujourd’hui rédigé en anglais».

Prospective stratégique

Pour Bruno Durand, maître de conférences à l'Université de Nantes, qui abordait le sujet de «L’e-logistique : stratégie de rupture ou de continuité? », avec l’explosion de la bulle Internet en 2001, «nous avons appris que le e-commerce ne signe pas forcément la mort des magasins, bien au contraire». Désormais, son expansion est réelle, tout en restant variable selon les marchés. L’une des raisons majeures tient au fait que la vente en ligne nécessite des logistiques adaptées à chaque famille de produits. À ce titre, trois secteurs étaient analysés, et à travers eux différents scénarii logistiques, tant le pilotage de leur Supply Chain est spécifique : celui des produits floraux et éditoriaux, celui des produits high-tech distribués directement par les producteurs et enfin celui des produits d’épicerie. «Nous sommes au début d’une prise de conscience de la nécessité de mutations (de ruptures…) dans la gestion des LAD et LHD. L’esquisse des scénarios logistiques durables au niveau de la cyber épicerie se dessine. Mais comme le soulignait Bruno Durand, il faut envisager le «recours probable à la prospective stratégique en vue de tester différentes solutions».


Pour Gaël Tournesac, Conseiller entreprises à la CCI de Rennes et animateur du Cluster «RFID Bretagne Développement», nous nous trouvons aujourd’hui face à une révolution des usages des nouvelles technologies, et il est important pour chacun, particulier ou entreprise, d’en maîtriser au maximum les tenants et aboutissants afin de se positionner en conscience et de ne pas simplement en subir les conséquences.

Logique de ROI

De nombreux cas d’application sont venus illustrer cette conférence intitulée "Quels impacts induits par l'Internet des objets se répercutent sur les Supply Chain?" et donner un aperçu très concret de ce que représente l’Internet des objets. Mais comme le soulignait Gaël Tournesac, un projet de traçabilité électronique est avant tout un projet d’investissement. C’est un travail sur les enjeux propres à l’entreprise, avec une logique de Retour sur Investissements et qui doit absolument s’appuyer sur l’engagement de la direction générale et l’implication de l’ensemble du personnel. Une mise en place des technologies impose une vigilance sur les solutions techniques proposées, avec des solutions ouvertes et standardisées à comparer à des solutions propriétaires et fermées.


Il n’y a pas de solution toute faite mais des étapes incontournables à franchir : une étude de faisabilité et la mise en place d’un pilote avant le déploiement de toute technologie.

Dans sa conférence, Paul Tourret, directeur de l'Isemar, s’est interrogé sur la façon dont les nouvelles zones logistiques mondiales vont influencer les flux. L’un des phénomènes de la globalisation est la mobilité des processus industriels, notamment des biens de consommation. Celle-ci est économiquement viable parce que le transport maritime conteneurisé offre à l’échelle de la planète des performances logistiques efficientes et de faibles coûts. La conteneurisation permet de rapatrier les productions vers les zones de consommation, mais participe aussi aux échanges de certains processus industriels internes reposant sur plusieurs localisations.

Quels circuits industriels pour demain?

La conteneurisation intra-européenne est une bonne solution et l’Europe est parfaitement équipée pour disposer de solutions logistiques adéquates. La question est de savoir si les gros manufacturiers voudront bien y diriger leurs flux, dessinant par là, l’avenir même des circuits industriels. L’évolution possible vers une régionalisation des flux de transports est une perspective à considérer, passant par une réduction des flux Extrême-Orient/Europe (coût, empreinte écologique, temps de transit) et le développement des flux de l’espace péri-européen (Afrique du Nord, Méditerranée Occidentale, Mer Noire), la méditerranée constituant notamment un nouvel espace productif de proximité. Si les intérêts économiques et politiques sont indéniables, des questions se posent, notamment sur la réalité des délocalisations européennes et asiatiques et sur le maintien des exigences logistiques du just in time de l’industrie.

L'un des moments forts de cette journée était aussi la remise des Trophées Logistique, le Prix Innovation Supply Chain de Lognews.info et les Trophées régionaux 2009 de la Performance Logistique Aslog. Les socités BA-Systèmes et Nomadvance ont été primées.

Se préparer aux changements

La table-ronde, animée par Michel Savy et Gilles Naudy, Rédacteur en chef de Stratégies Logistique, réunissait tous les conférenciers et offrait l’occasion de faire la synthèse de cette journée très dense en revenant sur chacun des thèmes. Michel Savy soulignait en conclusion que les perspectives annoncent des changements à la fois lents et rapides mais il est absolument nécessaire de s’y préparer.

 

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Sylvie Pesme
20/10/09

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